Crise : l’UE joue avec le feu

Cela ne faisait plus l’ombre d’un doute depuis quelques jours : la solidarité entre pays européens -membres ou non de l’UE- fonctionne cahin-caha. Alors que de nombreux pays d’Europe centrale et orientale sont au bord de la banqueroute, les chefs d’Etat et de gouvernements de l’UE, réunis aujourd’hui à Bruxelles, ont rejeté les demandes d’aide globale aux anciens pays de l’est. Même si tous ne sont pas dans la même situation, un plan global aurait été le bienvenu tant sur le plan psychologique que purement économique.

Tout d’abord, l’UE, si souvent en butte aux critiques des pays de l’Europe centrale et orientale, aurait ainsi redoré son blason. La « fabrication » d’une Europe unie est devenue tellement problématique que tous les signes et gestes sont bons à prendre. Celui-ci aurait été un premier pas qui aurait permis d’éviter de jeter de l’huile sur le feu.

D’un point de vue économique et financier, le sauvetage de la Lettonie au bord de la banqueroute, mais aussi de la Hongrie et de la Serbie, pour ne prendre que les exemples les plus dramatiques, permettrait d’éviter la cascade de faillites qui s’annonce. La Lettonie pourrait entraîner dans sa chute ses voisins lithuaniens et estoniens. Pire, cela affecterait également durement le secteur bancaire suédois qui a soutenu la bulle immobilière lettone…Les mêmes remarques valent pour la Hongrie, la Roumanie, la Serbie…: ici, toutes les banques européennes sont concernées et leur retrait entraînera fatalement une faillite des systèmes locaux de l’est, avec toutes les conséquences sur le crédit aux entreprises et aux particuliers…L’étau se resserre donc petit à petit.

Mais il y a un autre point que les chefs d’Etats et de gouvernements ont peut-être mésestimé en lançant un plan minimaliste : le réveil des extrémismes. Le cas de la Serbie sera à observer de près, tant la guerre civile yougoslave et les guerres nationalistes de ces 15 dernières années sont encore présentes dans toutes les têtes. On serait tenter d’espérer un statu quo au Kosovo, mais l’aggravation de la crise ne joue pas en la faveur d’une accalmie. De même, on se rappelle tous que les difficultés économiques de la Roumanie ont entraîné des discriminations et des déchaînements de violence contre les populations Rroms dans les années 1990, contribuant ainsi à un exode massif vers l’ouest. Là encore, il me semble que ce non-plan européen est en dessous des enjeux pour construire une vie commune sur notre continent

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